Noël d’une jeune famille québécoise moderne des années 90

Pendant plusieurs années, de 1991 à 1999, moi et mes deux jeunes enfants commencions à décorer la maison en prévision des festivités des Fêtes, à compter du 1er décembre, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Mère monoparentale, cette période s’avérait tout un défi pour maintenir l’équilibre entre la vie familiale, le travail, les devoirs et activités parascolaires des enfants et mes études universitaires. Parfois, je ne pouvais m’offrir le luxe de dormir plus de six heures. Et pour assumer les coûts additionnels que générait cette période, j’acceptais de faire des heures supplémentaires quelques semaines précédant Noël. L’an passé, en regardant le film Mais comment font les femmes (2011 ; en anglais I don’t know how she does it), avec Sarah Jessica Parker, cela m’a rappelé cette époque… exception, qu’il n’y avait pas de conjoint.

Malgré le stress que cette période engendre, j’étais heureuse d’être avec mes enfants pour vivre cette période des Fêtes, en créant notre ambiance à nous, parsemée de nos couleurs. Pour l’occasion, nous mettions de la musique, chantions et dansions pendant que nous installions les décorations. Des jus de fruits et du popcorn étaient notre festin pour l’occasion. Cela nous prenait parfois quelques jours pour y arriver… mais nous avions du plaisir. Quelques fois, nous faisions l’ajout de décorations nouvellement fabriquées à l’école par les enfants. D’ailleurs, j’en ai conservé quelques-unes et chaque année, elles trouvent leur place dans ma maison, qui aujourd’hui, est partagée avec mon conjoint rencontré en 2000. En regardant ces décorations, cela me rappelle de beaux souvenirs, ceux vécus juste à trois pendant près de huit ans.

La période des Fêtes était aussi pour nous trois une période de vacances bien méritées, du 23 au 31 décembre, soit avant que les enfants ne quittent la maison pour passer le reste des Fêtes avec leur papa.  Cette période nous permettait de faire une pause et de se retrouver ensemble, avec la grande famille et mes amis. De faire des activités hivernales, comme la glissade et le patinage. Et avec nos activités traditionnelles en grande famille… jouer au bowling, voir un film au cinéma, jouer aux cartes Passe l’As. Même que les enfants, accompagnés de leur cousins, créaient ensemble une petite pièce de théâtre que nous écoutions tous le soir du Réveillons de Noël chez mes parents.

Également, pendant cette période, je confectionnais aux enfants leurs vêtements à porter pour les Fêtes. Et je leur achetais un pyjama spécifique pour le matin de Noël où nous allions ensemble déballer les cadeaux. Par la suite, suivant le déjeuner, même si nous le connaissions par cœur, nous avions l’habitude d’écouter le film humoristique Le Sapin a les boules (National 1989 ; Lampoon’s Christmas Vacation), narrant les aventures de la Famille Griswold. Ce film était sorti l’année de naissance de ma cadette. Le rire était déjà contagieux dans notre maison et ce film ne faisait que l’amplifier davantage.

Je préparais toujours un souper de Noël qui se composait d’une dinde accompagnée de farce, de mousseline de patates, d’une tourtière, de sauce, de carottes et petits pois ainsi que d’une bûche de Noël, avec de la crème glacée. Sans compter le cipaille, selon la recette de ma grand-mère maternelle. Et comme bien des familles, le reste de la dinde (Et dieu qu’il y en avait!) me servait à concocter d’autres plats durant cette période : soupe, vols-au-vent, petites tartes au poulet, hot-chicken (Sans pain pour mon aînée qui n’aimait pas le pain mouillé), riz frit au poulet, etc. Je n’avais jamais pu me convaincre à remplacer la dinde par une plus petite volaille.

Aussi, habillées chaudement pour l’extérieur avec en main un chocolat chaud, nous trouvions toujours l’occasion d’aller visiter la maison décorée située près de l’aréna Baribeau à Gatineau, une vraie attraction touristique avec ses décorations et ses milliers de lumières multi-couleurs, scintillantes, avec en trame de fond une musique de Noël de circonstance. Le propriétaire commençait à installer le tout plusieurs mois à l’avance. C’était magnifique à voir. Cela en valait le déplacement. Et chaque année, il y avait toujours une nouveauté.

Avec recul aujourd’hui, lorsque je vois mes enfants devenus des femmes professionnelles, épouses et mères, je constate que leur propre tradition est teintée de la mienne, de celle de leurs grands-parents, de celle de leurs arrière-grands-parents, tout comme fut la nôtre. Chacune de mes filles a su créer sa propre magie des Fêtes, teintée de leur couleur et celle des membres de leur famille propre. Et maintenant, c’est moi qui est présente dans leur demeure pour vivre ce moment avec elles et mes trois petits-enfants. Ce sont vingt Noël qui se sont écoulés depuis cette époque où nous ne vivions ensemble que juste nous trois.

Cette magie des Fêtes a continué à être présente dans ma vie. Elle s’est manifesté de différentes manières au cours des époques, vécues avec différentes personnes, mais toujours avec la présence de mes enfants, et ce, depuis leur naissance. Malgré les hauts et les bas de la vie, Noël a toujours permis de renouveler avec le passé, de savourer le moment présent et de donner un nouvel élan pour réaliser les souhaits de la future année.

C’était notre Noël, celui d’une mère et de ses deux filles. Celui d’une petite famille québécoise des années 90.

« I will honour Christmas in my heart, and try to keep it all the year.

I will live in the Past, the Present, and the Future.

The Spirits of all Three shall strive within me.

I will not shut out the lessons that they teach. »

Extrait tiré du livre de Charles Dickens, A Christmas Carol (1843).

« J’honorerai Noël dans mon cœur et j’essayerai de le garder toute l’année.

Je vivrai dans le passé, le présent et le futur.

L’esprit de ces trois temps viendra s’immerger en moi.

Je ne tiendrai pas écarté les leçons apprises par chacun d’eux. »

Traduction libre de l’extrait ci-haut.

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